L Homme Inquiet Critique Essay

Intrigue assez moyenne , bien que les rapports URSS- Etats - Unis sont bien analysés , tout en nuances .
Ce qui est le plus intéressant , c'est le côté psychologique , la découverte de la vie en Suède .
J'ai épinglé l'emploi généralisé du ' Tu ' , le fait que les enfants ont la possibilité de prendre le nom de famille de leur mère , le long congé de maternité , les traditions , ici , la fête de la St Jean .
Kurt Wallander qui nous fait part de sa peur de vieillir , enfin , surtout , la peur d'être dépendant , la solitude , la peur de la retraite , les relations du commissaire avec son propre père , ses relations parfois houleuses avec sa fille .
Nous partageons le temps de l'enquête la vie de K. Wallender , les insomnies , les soirées trop arrosées dues à un trop grande solitude , le café du matin , les repas pris sur le pouce mais aussi des moments de bonheur , la vie quoi.
C'est tout cela qui rend le personnage si attachant , le thème du temps qui passe trop vite , arrivé à un certain âge , la peur de la vieillessse étant bien des thèmes universels .
Avec les trous de mémoire de plus en plus fréquents , de plus en plus graves de K . Wallender, l'auteur nous prépare doucement à faire le deuil de son personnage , à notre plus grand regret .
J'ai eu l'impression de perdre un ami , et me suis dit , ouf , je n'ai pas encore lu toutes les enquêtes , et tant pis si ce n'est pas dans l'ordre .
Décidemment , Hennig Mankell est bien talentueux ; et les lecteurs qui n'aiment pas les policiers sont perdants .
Beau moment de lecture , d'une grande humanité .
Je dois dire aussi qu'il y a beaucoup de critiques de qualité sur ce livre et que je m'excuse de ne pas écrire à chacun pour leur en faire part .

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Quitte à être solitaire, que ce soit loin du bruit, de la ville, du monde. A la soixantaine, un homme se force à prendre une décision : aller vivre à la campagne, ce qui, il le sait, est un saut dans le vide. Il a pour seule compagnie son chien et quelques vieux fantômes qui ne le lâchent pas, quelques démons qui ont pour nom amours mortes, ratages de la vie, infortunes. Il se dit qu'il est temps de songer à la retraite, dire adieu au labeur, à cette part de lui-même. Là il constate le désastre : que lui reste-t-il en dehors du boulot ? Cet homme inquiet, presque à la torture, qui fait le bilan de son existence, qui a confondu vie personnelle et travail, qui, toujours, doute de lui et des autres, c'est Kurt Wallander.

A la soixantaine, sans regret ni amertume, l'écrivain suédois Henning Mankell a, lui aussi, pris une décision : se libérer, tourner la page, en finir avec Wallander. Se quitter bons amis avant de n'avoir plus rien à se dire, plus à rien imaginer ensemble. Un divorce sans commun accord. Le personnage ne peut que se plier à la volonté de son maître, star du polar scandinave, dont l'oeuvre fabuleuse (théâtre, jeunesse, essais, fictions...) est traduite dans le monde entier. Le couple Mankell-Wallander, moins fidèle que Simenon-Maigret, aura quand même tenu une vingtaine d'années, soit neuf romans. Mankell a choisi de faire de son personnage un type des plus ordinaires. En quelques lignes, dans leur dernière aventure, il lui brosse un portrait peu flatteur : « Il appartenait à la génération qui avait fini de grandir dans les années 1960. Mais il n'avait jamais été impliqué dans un mouvement politique, n'avait jamais participé à une manifestation, n'avait jamais réellement compris l'enjeu de la guerre au Vietnam, pas plus qu'il ne s'était intéressé aux luttes de libération dans des pays qu'il aurait eu des difficultés à situer sur une carte. Il était ignorant. »

Mankell, écrivain sensible à la marche du monde, prêt à la critiquer, à prendre position, ne supporte pas l'ignorance - l'aveuglement. Wallander n'est pas son double, plutôt son contraire. Certes, ils ont vieilli ensemble. Certes, ensemble, ils ont affronté meurtres et violences, sont devenus père, puis grand-père... Dans cet ultime roman de pure mélancolie, de vague à l'âme lancinant, peut-être le plus obsédant de toute la série, les vieux compères cherchent à comprendre l'impossible. Henning Mankell utilise son personnage pour nous raconter ses propres inquiétudes, interroger les chaos de notre époque.

L'Homme inquiet se situe en 2003, c'est-à-dire maintenant. Mankell plonge son flic trop bon enfant, un peu lâche parfois, dans un tourbillon d'interrogations, d'enquêtes, aussi intimes que politiques. Avec un rien de romantisme, il lui bâtit, pour son dernier tour de piste, une intrigue qui mêle histoires de famille, amours, disparitions énigmatiques, espionnage. On y sent le temps qui passe. On y devine la peur de la vieillesse. On y lit des souvenirs heureux et des erreurs, les petites choses de la vie comme les grandes énigmes, faits divers ou ruptures politiques : la « pseudo-neutralité » de la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale, l'autre guerre, dite la guerre froide, qui n'en finit pas de finir, les espions de tous bords, russes ou américains, l'assassinat toujours non élucidé du ministre suédois Olof Palme (1986), la haine raciale qui, aujourd'hui, enfle en Europe...

Wallander souffre, cherche à démêler le bien du mal. Il a la mémoire qui flanche, des trous noirs, des absences qui finissent par le ronger. Mankell ne lui tend pas la main. L'oubli - le déni de l'Histoire comme des histoires - est pour cet écrivain, qui ne rejette pas le qualificatif « engagé », une faute irréparable.

Plus d'informations

TitreL'homme inquiet
GenreRoman policier
AuteurHenning Mankell
TranslatorsAnna Gibson
Original languagesuédois
EditeurLe Seuil-Policiers
Pagination554
Prix22.00
SortieEdition reliée

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